CHAPEAU AUX CHAPEAUX par Olivier Maurin

Rubrique : ÉQUATEUR

L’Amérique latine est le continent des chapeaux. Cela tombe bien, j’adore ça. On en trouve absolument partout.  Il y en a des petits à plumes, des larges à fleurs, des hauts en tissus… Ils sont de toutes les formes et de tous les matériaux.

Ici, la lumière impitoyable des hautes montagnes et des déserts de la côte vous brûlera les yeux et la cervelle sans cette protection, mais les chapeaux ne sont pas uniquement un objet pratique. Ils sont aussi, et surtout, un objet identitaire très fort, marquant les différences entres villages et entres pays. Il est même fréquent qu’ils fassent sens politiquement. En Colombie, j’ai assisté à un meeting lors des élections du gouverneur où tous portaient le fameux chapeau vueltiao. Le plus étonnant est que la réunion avait lieu dans les montagnes près de l’Équateur alors que le chapeau est originaire de la côte. Avec le temps, et sa popularité aidant, il est devenu un symbole national que tout candidat se doit de respecter.

D’ailleurs, portez des chapeaux, vous vous ferez des amis. Je ne connais rien de mieux pour faire marrer les gens qu’un gringo avec le couvre-chef local. Et pour une fois, c’est eux qui vous prendront en photo et non l’inverse.

Dans les montagnes d’Équateur, à Cuenca, je suis tombé par hasard sur un artisan travaillant près du marché aux légumes. Poussé par la curiosité, je me suis invité dans son atelier et il m’a aimablement autorisé à prendre quelques photos. Sa spécialité est la confection de chapeaux blancs à la forme particulière portés essentiellement par les Indiens de la région (surtout les femmes). Il importe aussi le célèbre Panama qui, comme son nom de l’indique pas, vient de la côte équatorienne, là où se trouve la palme cardulovica nécessaire à sa fabrication.

 

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