LE CAMINO DEL INCA ET LE MACHU PICCHU par Olivier Maurin

Rubrique : La Montagne, PÉROU

Le Camino del Inca, ce chemin qui mène des abords de Cusco au Machu Picchu, est le mythe ultime de l’Amérique latine. J’en entends parler depuis mon atterrissage à Guatemala-cuitad.  Pour les voyageurs qui traversent le continent, cette randonnée est celle de la rencontre avec l’âme de l’Amérique latine, une sorte de route 66 où Kerouac parleraient quechua (et il y a des lamas sur ce chemin, plein).

Évidemment, la réalité n’est pas tout à fait conforme aux récits. Il y a foule sur le Machu Picchu. En janvier le temps est humide et, succès oblige, la randonnée est soumise à de multiples autorisations et à une organisation d’acier.

Ce qui, en définitive, est absolument sans importance. La légende d’un monde autre, sans cheval, sans voiture, où un Empire se bâtit des forteresses impossibles au cœur des montagnes est bien là. Les porteurs la font vivre. Ils portent les tentes, la nourriture, le feu dans un univers à l’oxygène rare, une chique de coca au creux de la joue. Les visiteurs avancent péniblement, s’arrêtant pour prendre une photo, ou admirer un daim allongé dans les herbes. Les occasions de pause sont heureusement nombreuses : quelques ruines, des animaux et des fleurs étranges sans nombre. Les porteurs, eux, avancent. Partis les derniers, ils arrivent les premiers, guident les retardataires, préparent le thé de coca et le souper, montent le camp sans montrer un instant de fatigue. Pendant ce temps, les touristes se reposent, parlent entre eux en quatre ou cinq langues différentes. Les Zuniens sont, comme toujours, les plus marrants, les plus bruyants et les plus sociables. Les Européens forment une grande famille d’instinct et sont toujours d’accord pour être en désaccord avec les autres. Les Argentins, les Colombiens et les Suisses sont embarqués dans un rôle de traducteurs permanents. Bref, ce petit monde avance pas à pas vers le Machu Picchu. Le dernier jour est le plus dur. Il faut se lever tôt, à 3 h.  pour arriver avant le peloton. Mon équipe excelle à ce jeu, pas grâce à moi, mais, en bon Parisien habitué à la cohue du métro et à ses subtilités, je me retrouve le premier à l’heure de l’ouverture, face à la porte. Quelques sportifs me rattraperont rapidement dans cette dernière heure.

Vers 5 h 30, nous arrivons, enfin, sales et épuisés, à la Porte du Soleil  et, en cette nouvelle année 2012, la cité Inca du Machu Picchu se libère de ses brumes.

 

2 Responses to LE CAMINO DEL INCA ET LE MACHU PICCHU par Olivier Maurin

  • Anonyme

    Réponse : novembre 2, 2013, 6:19

    Salut Olivier

    Merci pour cet article et pour ton site en général qui me plonge déjà dans le voyage!
    Je vois que tu as fait le trek jusqu’au Machu Picchu. Est ce que tu te souviens combien de temps à l’avance tu avais réservé ce treck et comment tu t’y étais pris? Si tu te souviens grosso modo du budget également …

    Merci à toi!
    Julia

    • Olivier Maurin

      Réponse : mars 6, 2014, 3:39

      La législation change assez régulièrement, mais il est nécessaire de réserver quelques mois en avance. Dans mes souvenirs, ce n’est pas si chère, mais il faut bien choisir son agence, une qui existe depuis longtemps et qui a pignon sur rue.

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