LES CAPITALES CENTRAMÉRICAINES par Olivier Maurin

Rubrique : AMÉRIQUE CENTRALE, Belize, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama

Guatemala-city a tout pour être une ville charmante, dotée de quelques palais, de musées, de rues piétonnes et même d’un opéra. Son principal défaut est de se trouver au Guatemala dont l’État est en pleine décomposition.

À titre d’exemple, il existe un petit marché, entre le vieux centre et les palais gouvernementaux, où j’ai vu au milieu des poulets et des tomates un sympathique commerçant vendre des armes à feu. 2 USD le premier prix, à la portée de n’importe quelle bourse, même au Guatemala. Si on ajoute à cela une pauvreté effrayante, les vaincus de la guerre civile, les cartels de la drogue, la corruption… Guatemala-city devient ce qu’elle est : une porte ouverte sur l’enfer où il faut se déplacer avec la plus extrême prudence et les poches vides.

Et pourtant ce n’est pas la pire capitale d’Amérique centrale. Tegucigalpa au Honduras et Managua au Nicaragua sont bien plus terrifiantes. La première est à un chaos de favelas entrecoupé de buildings et de quartiers résidentiels construits comme des forteresses. On l’évite, on la fuit si on peux.

La deuxième, que je connais mieux, est encore plus étrange. Imaginez des routes larges comme des autoroutes dont le plan forme un damier de blocks plus ou moins habitables. Certains sont occupés par des friches industrielles, d’autres des favelas de plastiques noires auxquelles s’ajoutent quelques quartiers résidentiels, deci delà des bâtiments officiels gigantesques faits pour satisfaire la vanité imbécile d’un tyran. Managua semble plongée dans un perpétuel état d’après-guerre où seuls quelques môles à l’américaine apportent un peu de vie. Il n’y a pas de centre-ville. Détruit par un tremblement de terre en 1972, il n’a jamais été reconstruit. Quelques ruines fantomatiques subsistent. Je n’ai d’images d’aucune de ces deux cités. Je ne suis pas assez fou pour y sortir mon gros appareil photo. On ne les visite pas, on les traverse en bus, vite et par nécessité. Ceux qui y sont restés plus longtemps vous racontent des histoires de braquage par des gamins à vélo. Il n’y a, de toute façon, par grand-chose à voir.

Belize-city pourrait être un peu plus sympa avec son architecture de bois, sa rivière, son port, s’il n’y régnait une atmosphère aussi pesante. Une émeute y parait toujours sur le point d’éclater. Chacun regarde son voisin avec la plus extrême méfiance et les gens sont d’une agressivité surprenante dans un pays comme Belize. J’y ai été menacé de mort deux fois en moins d’une heure, par des clochards cocaïnés et peu dangereux certes, mais cela donne une idée de l’ambiance.

Reste San José au Costa Rica. Son seul atout avec quelques musées est de ne pas être particulièrement dangereuse. Il n’y a pas d’autres raisons de s’y attarder.

J’ai réussi à éviter Salvador-city, sans regret.

Souvent lorsque je visite une de ces capitales, je pense à la phrase de Lincoln ‘’L’éducation coûte chère ? Essayez l’ignorance !’’ Ici, ils ont essayé et ils en payent le prix.

Reste Panama-City. L’exception. Celle par laquelle il faut finir, mais qui mérite un article à elle toute seule parce que le charme de Casco Viejo est de ces saveurs qui ne s’oublient pas.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur ce monde, regardez la Vida loca de Christian Poveda. Lui fut assez fou (ou courageux) pour sortir sa caméra dans ce genre d’endroit. Il y a laissé sa vie.

 

Photos de Guatemala-city :

 

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