MACADAMIA À ANTIGUA (GUATEMALA) par Olivier Maurin

Rubrique : AMÉRIQUE CENTRALE, Guatemala

Les noix de Macadamia, au risque de déplaire aux honorables défenseurs des noisettes et amandes, sont les meilleures noix du monde. Rondes, blanches et savoureuses, elles sont la perfection faite noix, à une nuance près : leur prix, 60 à 80 Euros le kilo. Comparé à celui de la cacahouète, cela semble un peu excessif.

Le Guatemala ayant la chance d’être un pays producteur, j’espérais en trouver à un tarif raisonnable, mais il s’est rapidement avéré qu’elles étaient presque au même prix qu’en Europe et, donc, peu répandues sur les marchés. À vrai dire, j’ai rencontré un grand nombre de Guatémaltèques qui ignoraient jusqu’à l’existence de la noix de Macadamia.

Par curiosité, je suis allé visiter une ferme près d’Antigua. On m’y a expliqué que le problème avec cette noix n’est pas de la faire pousser, mais de casser sa coquille. Elle est si dure qu’on l’utilise pour stabiliser les routes en remplacement du gravier. Avant de la vendre, et parce que les gens n’aiment pas jouer du marteau dans leur cuisine, il est nécessaire de la soumettre à un processus de décorticage complexe, ce qui suppose des machines et une production suffisante pour amortir leurs coûts. Bref, ce n’est pas la noix de Grenoble.

J’en ai tout de même conclu qu’il devait exister quelqu’un quelque part ayant un arbre ou deux dans son jardin et, le lendemain matin, je me suis précipité au marché d’Antigua, certain d’y trouver mon bonheur. Il faut dire qu’Antigua n’est pas n’importe quelle ville au Guatemala. Elle est d’abord la plus belle. Imaginez une cité coloniale baroque couverte de fleurs et lovée entre des volcans où il y règne un printemps éternel. Si vous avez de la chance, vous pouvez apercevoir la nuit le rouge brûlant d’une éruption. À chaque coin de rue se trouve la ruine d’un monastère ou d’une église détruite par un tremblement terre. D’autres, toujours debout, ont un style particulier fait de voussures crémeuses. Les rues sont pavées de pierres, les mêmes qu’il y a quelques siècles. La jeunesse argentée de Guatemala-city s’y retrouvent le week-end pour faire la fête et les touristes du monde entier l’adorent, même Bill Clinton y vient pour acheter des bijoux de jade. Le fait que l’on puisse y loger pour 7 USD la nuit n’est pas étranger non plus à ce succès. Cela fait partie des avantages du Guatemala.  Rien d’étonnant donc que son marché soit l’un des plus grands et des plus beaux du pays. Tous les paysans mayas de  la région s’y retrouvent. Une partie est à ciel ouvert. C’est celle où se trouve la majorité des touristes et des échoppes d’artesanias, mais, si on a le courage de s’enfoncer plus profondément dans les entrailles du marché et de se perdre dans son labyrinthe, on peut trouver à peu près n’importe quoi. Après avoir passé un certain temps à fouiller, j’ai fini par tomber sur un vendeur de noix de coco, de cacahouètes, et de noix de macadamia. Elles ne m’ont coûté presque rien et cela pour une simple raison : elles avaient leur cosse. Dans l’après-midi, je me suis attaqué à leur dégustation et, armé d’un morceau de bois, je leurs ai tapés dessus. L’exercice n’est pas facile, mais avec un peu de pratique et pas mal de brutalité, on finit par arriver à ses fins. Mais je dois admettre que le mur a failli y passer.

 

One Response to MACADAMIA À ANTIGUA (GUATEMALA) par Olivier Maurin

  • Mboneko

    Réponse : octobre 3, 2015, 7:07

    Bonjour.Je suis burundais et je voudrais bien cultiver le maccadamia.Est-ce que je peux avoir les contacts des industries où je peux l’exporter?

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