TAJUMULCO MON AMOUR par Olivier Maurin

Rubrique : AMÉRIQUE CENTRALE, Guatemala

Tout commence par une vache. En fait non, par un poulet. Tout commence toujours par un poulet au Guatemala. Un chicken bus pour être exact, première étape en direction du Tajumulco, le plus haut volcan d’Amérique centrale, 4220 m au garrot.

Rendez-vous à 4 heures dans un l’hôtel. Le groupe de touristes est assez nombreux, massivement US, quelques Européens et un couple d’Israéliens. Aucun Guatémaltèque évidemment. Ils sont rares à avoir les moyens de voyager. Sac au dos, nous sommes allés au Terminal Minerva de Quetzaltenango, ou Xela, la grande cité des Mayas. Un homme armé d’un balai y brulait des ordures plastiques au pied d’un immeuble. Cela réchauffe et ça pue. Il fait froid la nuit dans les montagnes.

Le premier chicken bus qui passe est pour nous. Une brève halte le temps de prendre un petit-déjeuner, puis un autre chicken bus. Le conducteur va trop vite, comme toujours, et les estomacs se balancent au grès des lacets de la route. Malade : 0, un miracle.

Alors que le soleil est déjà haut, nous nous arrêtons sur une route de montagne, là où commence le chemin vers le sommet du volcan. Une vache s’y trouve, une bonne vielle Holstein, exactement semblable à toutes les Holstein du monde, en un peu moins grasse. Faute de train, elle nous regarde avancer au milieu d’une prairie crevassée par l’érosion et le passage de ses congénères. Lui succède quelques kilomètres plus haut une forêt clairsemée et de plus en plus dense à mesure que nous nous éloignons des villages mayas. Ils coupent le bois pour se chauffer et le vendre beaucoup plus vite qu’il ne pousse. Nous croisons quelques familles, surtout des femmes et des enfants. Ils ne parlent pas espagnol mais nous échangeons quelques sourires.

Après quelques heures de marche, je commence à avoir mal au crâne. L’altitude sans doute. Une Américaine parle sans arrêt. Elle marche, elle parle, elle s’arrête, elle parle. Je ne comprends même pas ce qu’elle dit. J’aimerai juste me rappeler comment on dit ‘’Ta gueule’’ en anglais. De Niro saurait, lui. Un vrai, beau ‘’Ta gueule !’’ Mais il est pas là, encore en train de faire l’acteur dans un film à la con. Quelques Californiens musclés et bronzés halètent péniblement en s’agrippant aux rochers alors que des petites filles maigrichonnes avancent avec aisance. Comme ils ont manifestement l’air un peu vexé, un Anglais s’arrête pour les consoler (ou pour se moquer). Je ne sais pas. Je suis en train d’essayer de me rappeler comment on fait pour mettre un pied devant l’autre.

Nous sommes arrivés au camp vers 14 heures. Je me suis endormi entre deux rochers, mon chapeau sur la tête. Ce n’est qu’un peu avant la nuit que le froid a fini par m’éveiller. Ma migraine s’était apaisée et un verre ou deux du dieu Café ont réussi à la faire taire. Nous avons diné auprès du feu, végétarien « off course », et tout le monde est allé sagement se coucher. Il parait que la nuit a été rythmée par le réveil des malades se précipitant hors de leur tente. Je n’ai rien vu. Je dormais. Je me suis gentiment réveillé à 3 heures, tout beau, tout frais et prêt à escalader le sommet. La nuit noire n’a pas facilité la montée. Seules, au loin, les lumières de quelques villages troublaient l’obscurité. Cahin-caha, les uns après les autres, nous sommes arrivés à temps pour l’aube naissante. Certains se sont couchés, enfermés dans leur sac pour préserver un peu de chaleur. J’ai pris mon appareil photo, les mains gelées par le froid d’un autre monde.

Et j’ai attendu.

 

 

 

8 Responses to TAJUMULCO MON AMOUR par Olivier Maurin

  • Anaïs

    Réponse : août 11, 2011, 10:22

    Salut Olivier,
    Je découvre ce blog et en déduis que tu as quitté la cÂpitale… Chouette périple manifestement. Profites en bien et félicitations pour les photos!!

  • Olivier Maurin

    Réponse : août 11, 2011, 8:55

    Salut Anaïs,
    Effectivement, j’ai quitté la France pour un moment avec l’idée d’arriver un jour en Argentine. Je suis actuellement au Panama. Donne moi de tes nouvelles.
    Bises,

    Olivier

  • Othom

    Réponse : août 12, 2011, 2:48

    Une belle balade en tout cas. A bientôt

    • Olivier Maurin

      Réponse : août 12, 2011, 11:55

      C’est haut, mais c’est beau.

      • Françoise Derey-Maurin

        Réponse : août 13, 2011, 2:18

        sois prudent…
        mais c’est magnifique

  • Guillaume Saki

    Réponse : août 14, 2011, 9:17

    Magnifique tes photos ! Et très bon début pour le Lama à Plumes !
    J’essaie de t’écrire des articles sur le cinéma mondial cette semaine…

    Continue à t’éclater !

  • Emeline Perier

    Réponse : août 14, 2011, 2:25

    Très belles photos avec tes petites mains gelées et pour ton information « ta gueule » en anglais c’est « shut up »… ;)
    Bisous

  • Olivier Maurin

    Réponse : août 15, 2011, 3:22

     »shut up ». Oui, c’est dans mon pense bête des mots à ne jamais oublier.
    Ok Guillaume, j’attends tes textes !

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