TORRES DEL PAINE (Chili) par Olivier Maurin

Rubrique : CHILI, Patagonie

Torres del Paine bateau © Olivier MaurinLes glaciers, l’ocre jaune de la plaine, le bleu intense du ciel, le turquoise des lacs, les guanacos, les pumas et les rocs de Torres del Paine ont fait de ce parc une légende de la Patagonie.


Nous sommes arrivés en fin de saison, naïvement confiant, et espérant que l’hiver laisserait du temps à l’automne. À Puerto Natales, il nous a fallu louer une tente, un nécessaire de cuisine, du gaz et acheter de quoi se nourrir pendant quelques jours : du pain, des œufs, du fromage, les trucs habituels. Pas de calendosse évidemment, ni sauciflard, ni abricot sec, ni beaujolpif pour les coups durs. La vie est rude dans le coin. Reste quelques salsichas dont il est préférable d’oublier la composition.

Le trek W dure 4 à 5 jours. Les locations ne sont pas toujours d’excellente qualité et bien qu’un guide ne soit pas utile, il faut partir préparé.
Bien avant l’aube, nous avons pris un bus qui a nous a conduit au bureau des rangers. Sur la route, nous avons vu de nombreux guanacos, des animaux cousins du lama, ainsi que des traces de pumas. Les hautes montagnes à la silhouette de château fort se voient de très loin un petit matin ensoleillé. Nous avons ensuite attrapé un bateau qui a nous déposé non loin d’un refuge, au niveau du premier pied du W, première étape vers un glacier à proximité duquel il est possible de passer la nuit.
Cette première vallée est celle du vent. Il prend de la vitesse sur les hauteurs gelées avant de s’engouffrer et de se renforcer entre les falaises. Le moindre faux pas se paie d’une chute. Quelques Israéliens ont maladroitement fait brûler une partie de la forêt en allumant leur réchaud au mauvais endroit et pour les mauvaises raisons (des trucs de militaires), mais le parc garde sa beauté sauvage que les arbres soient tordus par le vent ou le feu. Peu de temps avant d’arriver, une tempête a éclaté et une pluie froide a commencé à tomber. Torres del Paine neige © Olivier MaurinNous avons tout juste eu le temps de trouver un endroit où nous réfugier pour monter la tente, allumer le réchaud et manger un morceau.
Le deuxième jour, l’hiver nous a définitivement rattrapés. L’eau s’est transformée en neige. Un froid glacial s’est installé, sec, perçant, le genre à vous faire regretter le gras et honnête froid des Alpes, et les paysages se sont couvert de blanc et de silence. Les distances se sont subitement allongées, au point que le dernier jour la nourriture a commencé à se faire rare.
Il n’empêche, quoi qu’il arrive et quel que soit le temps ou la saison, Torres del Paine reste inoubliable, mais y aller en été n’est pas une idée absurde.

 

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